Photo de Marie Frechette

Plusieurs bonnes raisons
de faire un ermitage


Pour…
o Répondre à un désir de solitude et de silence
o Avoir un moment de paix, simplement
o Répondre à un besoin de repos et refaire ses forces
o Redynamiser sa concentration et renouveler sa créativité
o Échapper à ses tensions, prendre du recul
o Guérir d’un problème de santé physique ou psychique (deuil, rupture, congédiement, etc.)
o Traverser un épisode de crise existentielle afin de régénérer ses ressources nécessaires à la poursuite de son destin et à la réalisation de soi
o S’aider à en finir avec ses dysfontionnalités ou compulsions: tabac, alcool, dépendance affective, jeu, violence, drogue, etc.
o Mieux actualiser son identité, son génie propre, dans un environnement naturel et humain propice à l’acquisition de son autonomie et de sa liberté
o Cheminer au-delà de ce qu’ont permis jusqu’à ce jour les démarches personnelles, spirituelles, thérapeutiques
o Et encore d’autres raisons que vous savez mieux que nous…

L’Ermitage Clair-Obscur peut correspondre à ces différents désirs et besoins.


Prendre contact avec soi-même
Quelles que soient ses motivations, une personne peut prendre conscience, à la faveur de la solitude et du silence, de ses dysfonctionnalités, insatisfactions, frustrations, bref de ses souffrances refoulées. L’émergence de ces souffrances se présente souvent d’abord sous forme d’ennui, de malaises physiques ou psychiques, qui se traduisent au niveau conscient en désir de mettre fin à un séjour qui «n’apporte rien de positif». Il faut alors persévérer, car c’est ainsi que l’ermitage commence à porter ses fruits.
Les systèmes de défenses et de compensations empêchent la conscience de soi. Ils sont faits de ses habitudes quotidiennes compulsives et dysfonctionnelles, de ses dépendances affectives, alimentaires, alcooliques, tabagiques, etc. et même de ses valeurs et ses croyances. L’ermitage, qui est l’ascèse de ce qui compose les défenses, permet d’en sortir et permet l’accès à la conscience de son « moi réel » et douloureux. On entre ainsi dans son intériorité. On y rencontre la souffrance de son « moi réel » au sens où l’entend Arthur Janov, «moi réel » que Jung nomme «l’ombre», Freud «l’inconscient».
Le moi réel n’est pas que souffrance et ombre. Celles-ci sont les barrières à franchir pour accéder à l’épanouissement. Évacuer ses souffrances permet de dynamiser ses ressources. L’ermitage crée les conditions propices à la conscientisation et à la libération de ses souffrances, et à la fois au déploiement de ses potentialités (son identité, son génie propre) suite à cette libération.

Valeurs et croyances refoulent douleurs et carences
C’est à travers ses systèmes de défenses qu’on voit et goûte la vie, sa vie, les autres, les choses, le monde et qu’on finit toujours par s’en lasser et parfois même s’en dégoûter. Nos habitudes deviennent monotones et insipides et nos compulsions nous rendent malades physiquement et psychologiquement. Nos valeurs et nos croyances, elles, se renforcent, se durcissent, se cristallisent, pour nous convaincre que nous sommes dans la bonne voie alors même que notre vie dégringole. Nos valeurs refoulent nos douleurs, nos croyances cachent nos carences, douleurs refoulées et carences cachées qui ne continuent que mieux à miner notre vie.

L’ascèse des sens et de l’esprit : bris des mécanismes de défenses
Par l’ermitage, nous expérimentons une ascèse des sens (privation des habitudes, des compulsions) et de l’esprit (renoncement à nos valeurs et croyances). Il ne s’agit pas d’anéantir l’ «ego» et d’éliminer nos désirs pour arrêter de souffrir tel que nous le proposent les grandes mystiques traditionnelles. Il s’agit plutôt, tel que le suggère saint Jean de la Croix, de «se débarrasser de tout le temporel [habitudes, compulsions] et ne s’embarrasser pas avec le spirituel [valeurs, croyances] et demeurer en souveraine nudité et liberté d’esprit, laquelle est requise pour la divine union». C’est pour ainsi dire le «divin» en nous qui s’éveille à nos sens et à notre esprit.
Au sujet de l’ascèse des sens, plutôt que de l’élimination de l’ego et des désirs, de la «destruction des puissances sensibles», l’ermitage, qui provoque distance et détachement (dé-fusion), permet le développement «d’une connaissance et d’une jouissance des créatures qui sont le fait d’une sensibilité désormais purifiée. Il semble qu’on doive parler d’un affinement de la sensibilité. L’âme se découvre des subtilités, des délicatesses dont elle ne s’était jamais avisée jusque là, des modes nouveaux et délicats de jouir, de souffrir et d’aimer». Il est alors loisible de dynamiser ses ressources les plus intimes, les plus vivantes et vibrantes, les plus sensibles et «intelligentes», les plus espérantes et aimantes.

Photo: Marie Frechette

Mieux désirer et mieux jouir
L’ermitage n’est pas l’élimination du désir pour l’arrêt du souffrir, mais une quête de dépouillement et de liberté pour que la personne «trouve son repos» afin de mieux désirer et de mieux jouir. En effet, «celle-ci ne convoitant rien rien ne la fatigue vers le haut [objets célestes: valeurs et croyances], et rien ne l’opprime vers le bas [objets terrestres : habitudes, compulsions] car elle est dans le centre de son humilité» (Jean de la Croix), c’est-à-dire de sa vérité («l’humilité, c’est la vérité» -Thérèse d’Avila).
La mystique chrétienne, celle de Jean de la Croix ou de l’Imitation de Jésus-Christ, est l’archétype de la pensée d’Arthur Janov qui pense aussi que pour qu’advienne le moi réel, la vérité-humilité de la personne, celle-ci doit être privée de ses systèmes de refoulement. Mais bien avant Janov et les mystiques, le chamane avait compris que l’isolement en forêt ou au désert était essentiel pour s’approfondir et se guérir.


La rencontre amoureuse : conclusion de l’ermitage
C’est en côtoyant l’autre intimement qu’on apprend à l’aimer, que la relation amoureuse se construit. Ermiter, c’est se côtoyer soi-même intimement, c’est se donner les conditions propices pour apprendre à s’aimer soi-même, à construire le rapport amoureux avec soi-même; c’est donc se diviniser puisque Dieu = amour. Mais l’amour sans compréhension n’est que mièvrerie. Se comprendre, c’est se conscientiser, c’est accéder à sa vérité au-delà de ses faussetés (compulsions, croyances, etc.). Et comprendre le monde, la vie, l’autre ne peut être que la projection de la compréhension ou amour de soi-même dans les autres, dans les objets. Pour parvenir à cet amour-conscience, il faut que je me fréquente intimement en me retirant dans la solitude et le silence «afin que je bannisse de mon cœur toutes les sollicitudes vaines qui le tourmentent et que je ne sois emporté par le désir d’aucune chose ou précieuse ou méprisable, mais plutôt que j’apprécie [désire] toutes choses pour ce qu’elles sont» (Imitation de Jésus-Christ).
Ce que la personne apprécie le plus à la fin d’un ermitage, c’est l’affinement de sa sensibilité, la profondeur de son intelligence et la jouissance supérieure à ce qu’elle connaissait jusqu’alors, qu’elle découvre ou explore dans sa relation à elle-même, à l’autre, à la vie.

 

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