• apprentissage de l’expression théâtrale
par le développement personnel et l’enclenchement d’un
processus de guérison
• développement personnel et processus de guérison
par l’apprentissage de l’expression théâtrale
Le théâtre psychochamanique, ou dramagie,
est une forme de thérapie par le théâtre utilisant
les ressources de l’art dramatique, de la psychologie, et de
la magie chamanique pour résoudre des conflits, guérir
des problèmes physiques ou psychiques, effectuer un deuil,
se séparer d’entités ancestrales, bref se libérer
de ses souffrances.
Il est aussi un outil d’apprentissage de l’expression
(art) dramatique en levant les blocages corporels et psychologiques
par la libération des souffrances qui les causaient.
Nos ateliers s’adressent à ceux qui aiment le théâtre,
les chansons, la danse et qui souhaitent expérimenter une nouvelle
forme de cheminement personnel; ainsi qu’aux artistes (acteurs,
chanteurs, etc.), professionnels ou amateurs, souhaitant explorer
leur rapport au corps et à l’émotion. Mais aussi
à tous ceux qui se sentent seuls dans leurs difficultés,
qui souhaitent dédramatiser leur vie dans le but de se guérir
de blessures en les revivant sur un espace scénique. Notre
approche est efficace parce qu’elle guérit et, ce faisant,
elle favorise le jeu théâtral.
Cet atelier vous permettra d’être plus libres, plus vivants
et de meilleurs performeurs. La base de ces ateliers est existentialiste,
elle se fonde sur du concret, sur une incarnation. Ils ne projettent
pas vers un idéal mais vise une amélioration de ce qui
existe déjà. Ils ne s‘appuient pas sur une méthode
mais sur la personne.
Pour découvrir des secrets endormis qui empêchent bien
souvent de ressentir des pulsions de vie. Pour réfléchir
sur les dynamiques des blessures cachées et les évacuer.
Pour reconnaître la beauté des individus qui cherchent
et se posent de multiples questions. Pour démêler les
relations interpersonnelles, les rapports complexes avec l’être
aimé, la famille, les partenaires de travail, etc.
Venir à l’Atelier Dramagique, c’est se donner le
moyen de s’épanouir, de mettre en lumière des
zones obscures d’émotions, de remplir l’existence
avec tous les mots et d’oser enfin signer le contrat de sa vie
en son nom.
EN JEUX, ON
JOUE
Dans le cadre de cet atelier, nous utilisons
la forme du canevas (squelette d’un récit) pour mettre
en scène une ou plusieurs problématiques relationnelles
propres aux participants. Les canevas sont travaillés de manière
de plus en plus complexe, de la dynamique présente du conscient
à un acte de réparation, en passant par une exploration
du monde de l’inconscient. À travers ce cheminement nous
utilisons les ressources de l’apprentissage théâtral
pour permettre aux protagonistes d’approfondir leurs émotions
et d’acquérir une meilleure technique de jeu pour mieux
interpréter et convoquer les personnages.
Mieux un personnage est joué, plus il est présent et
plus il est facile de régler les problématiques qui
lui sont liées. Plus une émotion est présente,
donc moins refoulée, et plus il est facile de s’en libérer.
La personne totale (corps et âme) est l’instrument de
l’art théâtral; donc l’apprentissage du théâtre
est indissociable du développement de la personne et de l’épanouissement
humain.
Nous vous invitons à participer à une expérience
originale. La joie de vous exprimer fera se manifester votre nature
profonde et vous amènera à mieux jouer. Par le jeu théâtral,
libérez-vous de vos souffrances et, par cette libération,
accédez à plus de jouissance à pratiquer votre
art et à vivre.
Guérir pour mieux jouer
Et mieux jouer pour guérir
Nos ateliers s’appuient :
• sur la sensibilité de la personne et non sur une méthode
• sur l’incarnation de soi et non sur un idéal
• sur le vécu et sur l’histoire de vie et non sur
des représentations de fausses réalités
LE CANEVAS
LE TRAVAIL DE CANEVAS
Il s’apparente à celui du psychodrame
mais avec des différences essentielles. Pendant les trois premières
semaines de l’atelier, en plus de se faire enseigner des outils
leurs permettant de mieux jouer, les participants sont invités
à être co-créateurs de leurs canevas, de créer
les personnages y intervenant et de les mettre en scène. Ainsi
à partir de la troisième semaine, le travail des canevas
peut commencer. Dans ce scénario, les autres y sont introduits
en tant qu’acteurs secondaires (ou auxiliaires). Ils sont choisis,
soit par les animateurs eux-mêmes en fonction de leur propre
histoire (car il peut y avoir des similarités, des résonances
entre les histoires de vie de chacun), soit par le protagoniste lui-même
qui a alors les yeux bandés. Notre expérience a montré
que cette dernière technique à l’aveugle obéit
mieux aux nécessités de l’inconscient, et le choix
se révèle approprié. Les résultats sont
souvent étonnants.
Chaque participant a trois canevas, un par quatre semaines de travail,
le canevas de départ se transformant d’une fois à
l’autre. De plus il participe aux canevas des autres participants
en tant que réplique. Le travail se révèle souvent
aussi pertinent en tant que protagoniste principal qu’en tant
que réplique.
L’ÉVOLUTION
L’évolution du canevas se fait en trois phases. Les deux
premières correspondent à deux niveaux d’interprétation
d’une même situation, soit le niveau conscient et le niveau
inconscient. La troisième est le canevas de résolution.
• PREMIÈRE PHASE
: le niveau conscient. Il concerne
l’événement traumatique proprement dit tel qu’il
a été vécu. Il permet au protagoniste de se remémorer
la situation et de se reconnecter à ses souffrances généralement
refoulées avec le temps. C’est le canevas réaliste,
joué sobrement avec le moins d’accessoires possibles.
• DEUXIÈME PHASE
: le niveau inconscient. Il concerne les structures
inconscientes de l’événement traumatique. Quelles
en sont les raisons profondes, les motivations? Quels sont les désirs
refoulés ou inconscients du protagoniste et de son entourage
ayant déclenché ce trauma? Quels sont les archétypes
inconscients en jeu et le rôle des ancêtres dans tout
cela? C’est le canevas symbolique mettant en jeu des archétypes,
des figures mythiques. On peut donc utiliser toutes les ressources
de l’art théâtral comme la danse, le masque, la
pantomime, les costumes, le maquillage, etc.
• TROISIÈME PHASE
: le canevas de réparation. Il s’apparente
à une délivrance, un affranchissement, à un exercice
de défusion des parents ou ancêtres. C’est un acte
symbolique et d’apparence magique pour se libérer de
son trauma. Tout comme dans le second canevas, toutes les ressources
du théâtre sont mises à la disposition du protagoniste
et des participants.

LES PARTICULARITÉS DE L’ATELIER
DRAMAGIQUE
• Une grande place aux archétypes
de l’inconscient et aux ancêtres. Cela offre la possibilité
de mieux comprendre les motivations profondes ayant créé
les situations traumatisantes.
• L’utilisation d’un théâtre de marionnettes
et d’un récit fantastique permettant un transfert chamanique
de la souffrance du participant aux marionnettes et marionnettistes
• Des exercices de visualisations des parents ou ancêtres.
Cette technique permet d’investir ceux qui les interprètent
de l’énergie de ces personnes ou personnages.
LE DÉROULEMENT DE L’ATELIER
Les trois premières semaines sont consacrées à
la création des canevas, mais aussi à l’étude
d’outils d’apprentissage en art dramatique. C’est-à-dire
que nous apprenons à nos participants les bases du métier
de comédien, comment créer et jouer un personnage, l’articulation
d’un texte, etc. Par la suite, ces exercices seront toujours
intégrés au travail de canevas. Nous commençons
l’atelier par un échange de vue sur la semaine écoulée,
les évènements importants (rêves, rencontres)
en rapport avec le travail en cours. Puis nous organisons un réchauffement
composé d’exercices de théâtre (plastiques,
travail de diction autour de phrases-clefs). Ensuite nous passons
au travail proprement dit de l’atelier : le travail scénique
des canevas, combinés à des exercices d’apprentissage
du théâtre, ainsi qu’à des visualisations.
Ce faisant les difficultés d’expression peuvent être
surmontées. Finalement c’est le retour au calme par une
discussion sur le travail réalisé ou par des improvisations
reflétant le travail en cours.
La structure de l’atelier est inspirée des quatre étapes
de l’itinéraire chamanique, une étape par 3 semaines
de travail :
1ÈRE ÉTAPE :
LE CORPS - L’IDENTITÉ - L’INCONSCIENT - LES DÉSIRS
Elle consiste en un travail corporel vocal et
émotionnel. La première partie de cet atelier vise à
permettre une meilleure connaissance de soi-même, de son corps,
de ses organes et de développer une meilleure fluidité
corporelle. Cette première partie vise aussi à développer
la voix, la présence, l’énergie, bref tout ce
qui fait notre corps. Nous travaillerons enfin la visualisation de
tous ces organes internes. La confrontation et la déstructuration
de notre identité née de nos souffrances refoulées
et de nos souffrances généalogiques permettent l’émergence
d’une nouvelle identité plus saine, plus conforme à
nos réelles possibilités. C’est aussi la première
étape de l’itinéraire chamanique, le démembrement,
dans lequel l’apprenti chamane rêve que son corps se dépèce,
se démembre, permettant l’émergence d’un
nouveau corps et\ou d’un nouveau rapport à son corps.
À travers l’utilisation des plastiques de Grotowski,
les participants prennent conscience d’un autre rapport à
leur corps. Nous démembrons le corps symboliquement, nous travaillons
chaque partie séparément en prenant conscience des parties
plus ou moins sensibles, plus ou moins souples. Par la suite nous
construisons une histoire avec les plastiques les plus facilement
exécutés et les plus difficiles, ainsi qu’avec
ceux les plus aimés et les moins aimés.
Nous utilisons aussi des exercices mettant en rapport les glandes
endocrines et la voix.
2ÈME ÉTAPE :
COMPRÉHENSION – INTELLIGENCE – ESPRITS BÉNÉFIQUES
– DYNAMISATION DES RESSOURCES PERSONNELLES
Cette étape consiste en la recherche
des esprits bénéfiques du chamane, c’est-à-dire
la compréhension de la problématique, la mobilisation
de ses ressources. C’est la création du premier canevas,
ou comment ont été vécues et perçues les
problématiques. Nous travaillons aussi lors de cette étape
une fable de la Fontaine par participant, fable qui sera choisi en
fonction de la problématique personnelle de chacun et va permettre
d’en comprendre plus profondément les mécanismes.
Ce sont les esprits bénéfiques du chamane occidental,
nos animaux de pouvoirs qui se retrouvent dans ces fables.
3ÈME ÉTAPE :
DESCENTE AUX ENFERS – RECONNAISSANCE DE SON OMBRE, DE SES DÉMONS,
DE SES NÉVROSES
Dans cette étape apparaissent les costumes,
les masques permettant d’incarner les monstres, les ombres peuplant
nos inconscients, les ancêtres encombrants, les esprits maléfiques.
C’est la création du canevas inconscient.
4ÈME ÉTAPE :
UNION DIVINE – DIALOGUE AVEC LES DIEUX – PLUS DE CONSCIENCE,
LIBERTÉ ET AMOUR.
Cette étape permet la libération
des noyaux émotionnels, de souffrance, de blocages corporels
grâce au canevas dramagique qui va mettre en scène une
résolution symbolique ou réelle. De plus Le participant
écrit un court récit mythique inspiré d’évènements
ou de relations personnels, susceptibles d’être la cause
de ce qu’il veut guérir. Ce récit est créé
à partir d’archétypes dont trois animaux de pouvoir.
C’est le participant lui-même qui dirige la mise en scène
du récit. Il dispose de plusieurs acteurs psychochamaniques
et de plusieurs marionnettes qui complètent leur jeu. Dès
lors, il s’opère un transfert chamanique d’émotions
du participant aux acteurs et des acteurs aux marionnettes. Les acteurs
puis les marionnettes et le marionnettistes, comme le fait le chamane,
absorbent l’énergie (esprits maléfiques) condensée
du récit pour en libérer le participant. Cet exercice
de guérison s’opère simplement et harmonieusement
sans ces effusions de souffrances et d’émotions auxquelles
on assiste dans les thérapies conventionnelles.
LES VARIANTES DE L’ATELIER
• Une version pour enfants et adolescents
(dans laquelle ils peuvent explorer leurs problèmes relationnels.)
• Des interventions en milieux ciblés (foyers pour femmes
battues, maisons de retraite, foyers de jeunes délinquants,
prisons, etc.)
LES DRAMES CATHARTIQUES
Le drame cathartique est un évènement devant public. Il
reprend le travail expérimenté en atelier, ainsi que dans
des événements publics. Il permet d’accéder
à des structures plus générales de situations particulières.
Plusieurs drames seront créés durant l’existence
de la compagnie. Voilà un exemple de ce que pourra être
le premier puis un extrait d’un drame cathartique intitulé
Chagall et Dimitri présenté dans le cadre du 6ème
salon international de théâtre contemporain.
L’ÉVÉNEMENT
• PREMIÈRE
PARTIE
La partie initiale est jouée par des comédiens interprétant
des situations ainsi que des rôles archétypaux. Ces situations
sont principalement inspirées des significations des 22 arcanes
majeurs du tarot. Elles peuvent représenter des situations-types
arrivant à tout un chacun dans la vie de tous les jours. Elle
est dirigée par un narrateur (ou conteur), et se compose d’une
ou plusieurs petites scènes inspirées de cas réels
paraissant correspondre à une situation-type. Ces cas ont été
d’abord réécrits par les membres de la troupe.
Les scènes sont interprétées une première
fois du point de vue conscient et par la suite du point de vue de
l’inconscient ce qui permet de mettre à jour toute une
dynamique entre le visible et l’invisible. Un chœur inspiré
de la tragédie grecque représente le poids des relations,
des ancêtres. Les décors et personnages sont inspirés
du tarot et la musique est composée dans un but curatif.
• DEUXIÈME PARTIE
Elle laissera la place à des visualisations auxquelles participeront
des scènes de réparation, des discussions avec le public,
et d’autres techniques permettant d’identifier des situations
spécifiques parmi les spectateurs. Nous proposons par la suite
à ceux qui le souhaitent de venir vivre une expérience
cathartique sur l’espace scénique.

CHAGALL ET DIMITRI
Spectacle co-écrit et co-interprété
par Michel Sancho et Guylaine Guérin à l’occasion
du 6ème salon international de théâtre contemporain
ayant eu lieu du 16 au 23 avril 2005 à Espace libre, Montréal,
Québec.
Ce spectacle reprend les étapes de l’itinéraire
chamanique intégrant des exercices de visualisations qui permettent
au public de tenter lui aussi une expérience chamanique. Ce
fut une expérience très surprenante pour tout le monde
acteurs comme spectateurs.
Voici un extrait:
Chagal prend son tambourin.
Elle tourne autour de lui. Elle change de voix.
Chagal : Partons à la découverte de ton propre monde.
Ton corps est ton identité, il est ton inconscient.
Douleurs lointaines, saccage le secret et parle-moi!
Ressens les membres de ton corps ta tête, ton cou, tes bras, tes
épaules
Dimitri : J’ai mal aux
épaules. J’ai toujours eu mal aux épaules.
Mes épaules sont toutes petites, atrophiées, écrasées.
Comme pour me protéger des coups.
Comme si j’avais dû porter le monde sur mes épaules.
C’est mon père qui m’a fait
porter le monde, son monde, sur mes épaules.
Et puis ça descend dans le cou, dans le dos jusqu’aux fesses.
Je suis courbé comme un vieillard. J’ai le dos d’un
vieillard. Je porte mes ancêtres dans ma colonne vertébrale.
C : Bien, beau travail, maintenant
on va continuer et aller plus profondément dans ton
ressenti, nous allons visiter l’intérieur de ton corps.
Visualise tes organes internes, ta
gorge, ton œsophage, tes poumons, ton cœur, ton estomac…
D : J’ai mal à
l’estomac. J’ai des problèmes de digestion. Ça
brûle.
Mes intestins sont lourds et sales, constipés.
Plus rien ne veut sortir. Je ne veux plus avaler tout ce que j’ai
été forcé à avaler.
Il y a des choses dans ma vie que je n’ai pas digérées.
C’est curieux, ma mère avait mal à l’estomac
aussi c’est comme si j’avais mal à
l’estomac de tout ce que ma mère n’a pas digéré.
C : Je suis l’ourse noire,
une divinité des montagnes au caractère féminin.
Aujourd’hui, c’est la pleine lune. C’est la danse
de l’ourse.
Je cherche la vérité de la douceur du miel au milieu des
sombres forêts.
Frappe du pied. Sors tes griffes. Racle toute ta chair. Gratte tes os.
Transperce tes muscles et vois ta carcasse
Déchire tes entrailles et démembre ton corps en petit
morceau!
C : Corps endormi, le masculin
poilu traîne du pied.
Debout sur tes pattes, garde le pied du funambule.
Aligne-toi! Corps et âme!
Tu vas me raconter ton histoire en mouvement avec tes épaules,
ton dos et tes
entrailles
Deviens un seigneur de la pulsion. Précise tes gestes! Écoute
le courant qui
t’emporte!
Pousse tes limites! Prend plaisir à l’extase de ressentir
la quête de ta liberté.
Entends ta nouvelle voix!
Danse de l’ours
C : Le ciel et la terre, remplissez-vous de la gloire des humains, alléluia!
C’est le big bang du microcosme, la dissipation de la structure
identitaire dans le
chaos et le renouveau.
Âmes immortelles de mes aïeules, faites-vous entendre!
Toi, tonnerre, retourne-nous nos éclairs! verse ton oracle avec
autorité et justice!
Il tonne, il pleut! On entend le tonnerre.
La pluie pleure son débordement d’avoir attendu si longtemps.
Le tonnerre frappe la cuirasse du mâle.
L’éclatement de sa charpente d’une structure de 206
os desséchés fracasse son
identité. Plus rien ne protège la fragilité de
ses organes vitaux.
Essoufflé il tient à bout de bras musclé le cadavre
de la mère.
Il pousse, la bouche ouverte jusqu’au fond des poumons, il n’y
a plus de son.
Il bouge comme un ours
D : Assez. Je n’en peux
plus. J’ai vraiment l’impression de perdre des morceaux.
Un bras par-ci, une jambe par là. Je me sépare.
Je suis en mille fragments. Je me multiplie.
Je perds ma peau en lambeau par paquets d’idéaux.
LES ACTEURS
Ils sont soit des acteurs professionnels, soit
des participants à l’atelier souhaitant aller plus loin
dans leur démarche artistique. Nos acteurs ont appris à
dédramatiser leurs propres souffrances et à maîtriser
leur système de défense, ce qui leur permet d’accueillir
la souffrance des autres avec moins de barrières et de projections.
Ils recréent ainsi sur scène des situations que tout
le monde peut avoir vécues, même si elles sont inspirées
de réalités individuelles. Une des spécificités
de notre théâtre réside dans l’utilisation
d’exercices de visualisations faits par les acteurs et par le
public. Ces exercices permettent de bien identifier les nœuds
de souffrances qui viennent de nos relations aux autres ou héritées
de nos ancêtres. Ces mêmes exercices peuvent dénouer
ces nœuds et engager un processus de libération. Nous
procédons, en outre, à la fin du drame cathartique,
à un exercice de défusion et pour les acteurs et pour
le public, permettant à tout le monde de repartir plus léger.
LES STAGES
PSYCHOCHAMANIQUES
Cette activité se situe sur le site de l’Ermitage Clair-Obscur
à Lac Simon. Elle dure une fin de semaine au complet ou une
semaine. Une formule de fin de semaine thérapeutique à
l’Ermitage Clair-obscur propose atelier de théâtre,
séminaires, et ermitage (silence et solitude). Pour de plus
amples informations, allez à l'accueil de l’Ermitage
Clair-Obscur et cliquez sur l'onglet «information», puis
«stage».
LES REN-CONTES
La compagnie Théâtre
Métamorphoses a le plaisir de vous présenter son dernier
projet :Les ren-contes. Ce projet est né d’une lecture
attentive de Boris Cyrulnik ainsi que d’un désir de créer
un projet qui pourrait concilier des rencontres entre aînés
et cadets.
Le projet s’articule en deux volets :
- rencontre créative entre deux intervenants de Théâtre
Métamorphose et des groupes d’aînés (Centres
d’accueil, foyer, groupes d’âge d’or, etc.)
création de contes se basant sur la vie des participants et sur
l’histoire de leur pays. Un conte racontant un souvenir joyeux,
un autre triste.
- présentation du spectacle en résultant dans des maisons
de jeunes ainsi qu’une discussion entre les deux groupes.
MAIS ENCORE?
Boris Cyrulnik, éminent éthologue
et psychiatre, entre autres activités, a décrit dans
Les nourritures affectives , le processus d’effritement intellectuel
des aînés sous le nom de l’effet palimpseste. Le
palimpseste (du grec palimpsêstos, gratté de nouveau)
est un parchemin manuscrit dont on a effacé la première
écriture pour pouvoir écrire un nouveau texte. L’effet
palimpseste décrit l’état d’effritement
intellectuel qui peut atteindre des personnes d’un certain âge
dont les représentations mentales se dissocient du présent.
« L'effet palimpseste, cette impression du passé qui
fait retour et qui se superpose à une perception présente
et à une perte de l'arrimage au monde. » Boris Cyrulnik
soutient que les personnes âgées ne retombe pas en enfance
comme on l’entend souvent dire mais plutôt que leur enfance
leur retombe dessus. « Jamais les vieux ne retombent en enfance.
Lorsqu'ils n'arrivent plus à s'arrimer au milieu qui les entoure,
les événements passés, en exil dans leur mémoire,
prennent simplement, dans leur conscience, la place du présent
qui défaille. Les événements passés vivent
en exil dans notre mémoire. Ils reviendront un jour si le présent
ne les chasse plus. »
Quand
le présent défaille, le passé prend sa place dans
la conscience.
Le fait de raconter peut permettre alors de faire de la place en quelque
sorte. Dans nos sociétés occidentales modernes, cet effet
se fait sentir beaucoup plus car nous vivons dans des sociétés
déritualisées, démythifiées dans lesquelles
le récit des ancêtres n’existe plus, alors que justement
« la fonction sociale des vieux est de fabriquer du récit.»
Pendant longtemps, nous écoutions les vieux nous raconter des
histoires, au coin du feu, au coin du lit. Ils nous racontaient leur
passé mais en même temps notre histoire
« les religions, l'histoire des peuples, les récits des
anciens, structurent notre univers. Les événements récités
rythment nos années. Ils donnent à chaque geste un sens,
imprègnent d'histoire chaque vêtement, chaque décor,
chaque objet de notre univers quotidien. C'est que le discours à
la collectivité a pour fonction de créer un mythe qui
rassemble les individus du groupe autour d'une même représentation,
d'un totem intellectuel en quelque sorte ». Empêcher le
récit c’est non seulement enlever aux aînés
leur dernière fonction sociale d’importance et favoriser
l’effet palimpseste qui « fait simplement retour lorsqu'ils
ne réussissent plus à s'arrimer au milieu qui les entoure,
pour des raisons mythiques, économiques ou affectives, ou qu'ils
déraillent pour des raisons psychologiques, affectives ou organiques.
», mais aussi empêcher les jeunes d’avoir accès
aux mythes de leur histoire récente, d’avoir des modèles
adaptatifs sur lesquels s’appuyer, ce que leur permettent ces
ren-contes « Faut-il rappeler qu'une
société sans commémoration réduit le temps
à une succession incohérente d'instants qui passent et
ne vont nulle part ? Qu'elle détruit l'historicité hors
de laquelle les vieux n'ont plus d'identité et les jeunes plus
d'appartenance ? »
OBJECTIFS DES REN-CONTES
:
1. Tout d’abord permettre aux
aînés de retrouver une fonction sociale éducative
sous forme de contes. Ce qui leur permettraient en même temps
de se débarrasser d’histoires encombrantes et donc de
rester connecté avec le présent. « L'âge
n'est pas un obstacle à la psychothérapie, puisque les
récits ravivent les traces enfouies. Pour les âgés,
c'est toujours aujourd'hui. Lorsque nous empêchons un vieux
de livrer son récit, nous l'isolons, nous l'excluons, nous
le condamnons à errer dans un monde dépourvu de sens
et de sensorialité. »
2. Ensuite permettre aux plus jeunes socialement inadaptés
et n’ayant pas bénéficié d’une structure
familiale solide d’entendre l’histoire de leur pays, les
faire échanger avec des modèles et de mieux structurer
leur vie Pour finir, voilà comment Cyrulnik nous décrit
les vertus d’un récit :
• Le récit
o Le récit est action et interaction : pour capter l'attention
de l'autre, il faut en effet disposer son corps. Le récit est
travail d'identité lorsqu'on parle de soi, des événements
dont on est constitué.
o Le récit est exercice : dire qui l'on est, ce que l'on a
vécu, ce que l'on a pensé et senti, provoque toujours
un très fort retour d'émotion, qu'il faut maîtriser
à l'intention de l'interlocuteur.
o Le récit, enfin, est tranquillisant : si ma fille me parle,
mon angoisse s'en va. Mais si c'est moi qui parle, elle s'en va encore
plus vite.
o Le récit contextualise les âgés, les insère
dans leur milieu, les fait vivre au présent, neutralise l'effet
palimpseste. « Quand je suis seule, j'ai tellement le temps
de penser que tous les échecs du passé me reviennent
en mémoire. (...) Mais mes échecs, quand je les raconte,
je les transforme»